Véritable
révolution culturelle puisque le projet de rétablir un train Mayenne-Laval
qualifié d’utopiste il y a encore quelques années, est maintenant pris
très au sérieux.
En
effet, le 13 décembre 2003, lors d'une table ronde organisée sur les transports
collectifs, la proposition de rétablir un train entre Mayenne et Laval
avait déjà été jugée plutôt ou très réaliste par l'ensemble des participants
et notamment par Yannick Favennec, plusieurs conseillers généraux et régionaux
ainsi que M. Angot, le secrétaire général de la mairie de Mayenne. Cette
volonté était déjà partagée par d'autres élus comme M. Lenoir, conseiller
général de Villaines pour qui à l'echelle de 10 ou 20 ans la réouverture
s'imposera.
Cette
proposition a été également soutenue par une
majorité des candidats et notamment les candidats aux Régionales
de mars 2004. C'est ainsi qu'il figurait dans le programme
des listes de la gauche et de l'UMP. Rappelons en
effet que les TER (train et car) sont de la compétence du Conseil
Régional. Yannick Favennec (Député) est favorable à cette ouverture
« à moyen ou long terme ». Jean-Pierre Lescornet
(vice-président de la Région), Jean-Pierre Bernard-Hervé et Michel
Angot (conseillers généraux de Mayenne) se réfèrent à la 24ème
proposition du programme PS, Verts et PRG qui demande notamment
« un retour au transport ferroviaire » et l’étude
de « la remise en service de la ligne Laval / Mayenne ».
Cette
étude de réouverture, Yannick Favennec (UMP) également
l'a demandée en séance du Conseil régional [lire
l'article] ainsi que Guillaume Garot (PS) au Conseil général.[lire
l'article]. Lors
de la venue de leur secrétaire national en Mayenne le 3 décembre
2005, les Verts ont posé symboliquement le premier rail entre Mayenne
et Laval afin d'affirmer leur volonté de voir rouvert cet axe et
d'interpeler élus et citoyens.[lire
l'article]
Peu
après, Yannick Favennec, député UMP du Nord
Mayenne, a obtenu un rendez au Ministère des transports afin
de permettre à Tracés et à la FNAUT de présenter
le dossier Mayenne - Laval au cabinet du Ministre. Cet entretien
s'est conclu par un moratoire de 2 ans à partir de décembre
2005 sur la fermeture administrative de la ligne afin de permettre
au Conseil régional de pouvoir engager des études
de faisabilité. [lire
l'article]
Utopie ou réalisme?
Un
changement dont la presse locale s'est fait aussi l'écho
:
Plusieurs
titres récents de Ouest-France, du Courrier de La Mayenne
ou du Publicateur libre témoignent bien de l'évolution
favorable au rail sur notre territoire : - Les candidats aux élections [régionales et
cantonales] plébiscitent les transports collectifs
- Les élus s'accordent à préserver l'ancienne
voie ferrée
- Rail : Tracés obtient un consensus
- Les transports collectifs se tracent un avenir dans le Nord Mayenne
- Les élus commencent à être sensibles à
la question
Pour
Jean-Marc Allain (div. droite), maire et conseiller général de Gorron,
la réouverture de la gare de Mayenne "permettrait le
maintien d'une population jeune dans le nord du département".
Françoise Marchand (Les Verts), vice-présidente du Conseil Régional
depuis mars 2004 , pense qu'il est "indispensable de
préserver les lignes existantes pour développer un mode de transports
sûr
et écologique"
alors que François Zochetto (UDF), sénateur, se dit "favorable
au transport ferroviaire". Georges Minzière(PS), conseiller
général jusqu'en 2004, avait demandé en 2001 qu'une "réflexion
soit menée sur la réhabilitation de voies ferrées, notamment celle
de Laval - Mayenne".
Cette
proposition présente beaucoup d'intérêt pour les habitants et le
développement de la Haute Mayenne :
Faciliter
la mobilité des habitants.
A
la question "si le réseau ferroviaire Mayenne-Laval était rouvert,
l'utiliseriez-vous?", plus de 50% des jeunes Mayennais ont
répondu oui à un sondage effectue en 2000. Il faut aujourd'hui plus
de 40 minutes pour se rendre de Mayenne à Laval en transport en
commun (bus du réseau Pégase) et un TER de type X73500 ferait ce
parcours en 20 minutes seulement.
Développer
le tourisme.
La
perspective de la nouvelle voie TGV jusqu'à Laval mettrait Mayenne
à moins de 2 heures de Paris Un parisien sur deux ne possède pas
de voiture. Avec le développement des courts séjours, n'est-ce pas
une opportunité touristique pour la Haute Mayenne qui
dispose d'un patrimoine et d'un cadre de vie de qualité?
Promouvoir
le développement durable :
Le
secteur des transports est la première source de gaz à
effet de serre. Le transport routier est le principal responsable
de la pollution générée par les transports.
Le rail constitue (avec la voie d'eau) le moyen le plus écologique
d'assurer le transport des personnes comme celui des marchandises.
Ainsi
le coût de la pollution en rase campagne par modes de transport
donne les chiffres suivants : pour l'auto 3,8 cts par km. contre
seulement 0,8 cts pour le rail. D'après des experts de
l'université de Cambridge, un poids lourd de 40 tonnes
détériore autant de revêtements routiers que
163.840 voitures.
Ne
pas se couper de la gare Laval.
La
gare de Laval propose chaque jour des TGV directs vers Paris, Le
Mans, Rennes, Saint-Malo et la toute Bretagne mais aussi vers Marseille,
Lyon, Lille Flandres et Lille Europe (gare Eurostar/Thalys). De
nombreux TER vont chaque au Mans et à Rennes.
Ferroutage,
rail-route, transport combiné...
De
quoi s'agit-il ? De la même chose. A savoir, d'une manière
habile de lier la souplesse de la route à la fiabilité
du ferroviaire. Ce système permet une prise en charge du
fret, de porte à porte, en trois temps : ramassage de la
marchandises chez l'expéditeur par camion ; puis transfert
et voyage en train jusqu'à une gare multimodale la plus proche
du destinataire ; enfin, déchargement et livraison, là
encore, par camion. Les établissements MARREL fabriquent
les matériels AMPLIROLL ! L'Ampliroll Marrel remplace avantageusement
divers équipements de transport et de manutention, et assure
le chargement et le déchargement en un temps record.
Rester
en accord avec la chartre du Pays de Haute Mayenne.
Dans
la charte du Pays de Haute Mayenne, il est écrit que l'objectif
est de "favoriser les connexions avec les territoires limitrophes
ou leurs infrastructures ". Il est aussi prévu de "faire
réserver des espaces en gare de Laval".
On peut lire également ailleurs : " faire
réserver des espaces gare nord Laval pour préserver
des possibilités . Un tramway Mayenne-Laval en 2010
(ou plus tard) : réserver des possibilités d'avenir.
Penser aussi au ferroutage "
Nous
proposons de préserver le patrimoine ferroviaire existant et l'emprise
sur toute la longueur : l'important
viaduc ferroviaire de l'Aron, les caractéristiques intrinsèques
de la ligne actuelle, la sauvegarde de la ligne Caen - Flers (autre
tronçon de la ligne Laval - Caen), l'échangeur modifié par
la DDE pour préserver l'emprise de la voie ferrée, ... Autant d'éléments
qui constituent un patrimoine précieux qui ne doit pas être dilapidé
:
Pont de chemin de fer entre Laval et Commer.
Pont sur le chemin de fer à Mayenne.
Viaduc sur l'Aron à Mayenne.
L'échangeur
du Mesnil sur la future déviation Est de Mayenne a été
modifiée (en bleu) pour préserver l'emprise de la
voie ferrée (initialement en rouge). C'était une modification
indispensable ! Cependant les bretelles d'accès demeurent
encore une contrainte trop importantes. Il paraît indispensable
d'envisager dès maintenant un passage aérien préservant
l'emprise de la voie.
Un
gain important pour un coût raisonnable :
Arriver
à terme à la réouverture de la voie ferrée et relier Mayenne à Laval
en 20 minutes en train contre 45 aujourd'hui en autocar.
Cette réouverture ne coûterait qu'environ 10 millions d'euros,
ce qui est tout à fait raisonnable et représente le
prix de seulement deux kilomètres de 4 voies. En effet
sur 32 kilomètres de voie ferrée, 12 sont une section de la ligne
Paris - Brest entre La Chapelle-Anthenaise et Laval déjà
en circulation. Seuls 20 kilomètres seulement sont à refaire. Or,
comme le montre les photos précédentes des ouvrages
d'art conséquents sont déjà en place sur cette
ligne
De
plus une demande de transports collectifs existe dans le Nord Mayenne
: Mayenne est la 2ème gare du département en termes de recettes
commerciales. Par exemple, en pays de la Loire, les lignes Nantes
- Châteaubriant, Niort - Fontenay le Comte vont être rouvertes.
C'est la raison pour laquelle le principe de précaution doit
s'appliquer aussi a cette infrastructure ferroviaire. Le fait
que la ligne soit maintenant déférée dans sa totalité importe peu
: le matériel était au dire des techniciens ferroviaires "digne
d'un musée". De plus l'absence d'équipement de sécurité
n'aurait pas pu permettre d'assurer une exploitation commerciale
sans investissement.
Irréaliste
la réouverture de la ligne Mayenne - Laval ?
Si
vous avez des personnes de votre entourage qui sont encore très
sceptiques sur la pertinence du projet, nous vous invitons à
leur proposer la lecture de l'article de Ouest-France
du 09/01/2004 sur la réouverture de la ligne Fontenay-Niort
: il y a en effet beaucoup d'analogies possibles avec Mayenne -
Laval.
La
démonstration est aussi faite que lorsque associations, municipalités,
communautés de communes, Conseils général et
régional vont dans le même sens, des dossiers peuvent
avancer. Rêvons un peu à l'idée que d'ici quelque
temps un des élus concernés de la Haute-Mayenne fasse
la même déclaration que le maire de Fontenay aujourd'hui
: "tous les
phantasmes sont tombés. Les chiffres d'il y a quatre ans
sont vérifiés. Cette ligne tient la route. Et le coût
de fonctionnement est moins important que celui que nous avions
prévu".
Rappelons qu'en ce qui concerne l'investissement à réaliser,
pour Mayenne-Laval, nous avons avancé une fourchette de 7
à 9 M. Euros (2 km. de 4 voies) confirmée par ce projet
qui est évalué à 7,5 M. Euros. La liaison Niort
- Fontenay-le-Comte, qui relie deux agglomérations respectivement
de la taille de Laval et Mayenne, va être réouverte.
En
avril 2007, une étude menée par le cabient SYSTRA
a mis en évidence un potentiel de 900 à 1100
passagers par jour ouvré sur la ligne Mayenne -
Laval, ce qui correpond à une fréquentation supérieure
à la ligne Alençon - Le Mans.
Ligne
Laval
- Mayenne
Longueur
32 km
Longeur
à rouvrir
20
km (12 km en commun avec la ligne Le Mans – Laval)
Potentiel
de trafic par jour ouvré en 2020
900
- 1100 passagers
Temps de
parcours bon pour :
Laval,
Le Mans, Rennes, Paris
Coût
de la réouverture sans électrification
25
millions d’Euro (posage d’une voie ballastée
et équipement des passages à niveau)
Coût
de la réouverture avec électrification
40
millions d’Euro (posage d’une voie ballastée,
équipement des passages à niveau et électrification)
Ouvrages
d’art
Apparemment
en bon état
Point dur
Entrée
de Mayenne
Fonctionnalités
Principal
axe de circulation en Mayenne, désenclavement
du Nord Mayenne, Connexion avec Rennes, Le Mans et Paris
Ligne comparable
Le Mans
- Alençon
Principales
conclusions du cabinet d'études SYSTRA sur la réouverture
de la ligne Mayenne - Laval, avril 2007
(étude commandée par le Conseil régional des
Pays de la Loire)
Un
dossier en bonne:
Tracés
et la FNAUT appellent à la réouverture de la ligne ferroviaire
Laval-Mayenne. Le ministre des transports s'est déclaré
prêt à demander « à RFF d'en étudier
les modalités ». Le Président de la Région
nous a écrit que « la réouverture aux
voyageurs de certaines lignes, notamment dans le département de
la Mayenne, sera examinée avec soin par la Région des Pays
de la Loire ». Le conseil général l'a
racheté pour en faire une voie verte tout en précisant qu
il était prêt à la laisser à la Région
pour l uro symbolique si le besoin était établi.
Le maire de Mayenne, a déclaré à la suite du conseil
municipal du 8 septembre 2005 « Compte tenu en plus de ce
qui se passe en terme d évolution des coûts du transport
, il faut revenir vers une politique qui se réapproprie les voies
ferrées ».
Le
Conseil d Etat devrait prononcer prochainement la réintégration
de cette ligne dans le réseau ferré national, annulant le
retranchement. Une étude récente, commanditée par
la Région et menée par le cabinet Systra, pour juger de
l opportunité de lancer des études de réouverture
place Mayenne-Laval nettement en tête des lignes étudiées.
Point
d'achoppement entre l'échangeur de la future déviation
et l'emprise de la voie ferrée (voie verte) :
Depuis
2000, les prises de position de différents responsables politiques
mais aussi plusieurs
décisions administratives et juridiques sont venues conforter notre
volonté de préserver l emprise de la voie. Bref tout irait
pour le mieux pour ce projet, si l'implantation de l'échangeur
de la future déviation ne venait annihiler toutes perspectives
de réouverture (voir plan ci-contre). Il est donc urgent de revoir
cette implantation et la configuration du point d échange afin
d assurer le maintien d'une emprise à gabarit ferroviaire permettant
le retour du train ultérieurement conformément aux nombreux
engagements. La voie verte serait aussi en l'état condamnée
!
Des militants de Tracés et de la FNAUT atirent
l'attention des élus et de
la population sur la menace de coupure de l'emprise de la voie ferrée
Mayenne-Laval par les échangeurs de la déviation
Des
solutions existent pour pallier cette grosse incohérence. L'Etat
doit modifier cet échangeur permettant ainsi de solutionner ce
point d'achoppement entre les deux voies. Cette demande doit aboutir rapidement
étant donné son caractère urgent.
L'association
a souhaité alerter les services de l'Etat et les élus sur
le point d'achoppement au Mesnil entre la future déviation et l'emprise
de la voie ferrée Mayenne-Laval. Les travaux vont être réalisés
dans une configuration dite définitive (avec un « terrassement
maximum ») puisqu'il s'agit d'un des giratoires du futur échangeur
associé à la mise à 2X2 voies de la RN 162 alors
que le projet est susceptible de changer du fait de :
- la nécessité de préserver la continuité
de la voie ferrée et de la voie verte
- l'annulation par le conseil d'état du retranchement du réseau
ferré national suite au 2ème recours de la FNAUT.
Nous aurions donc souhaité que cette configuration de l'échangeur
soit revue dès maintenant pour éviter :
- une re-modification dans un an ou deux, lors de la 2è tranche,
- un gaspillage de fonds publics,
- une dégradation de « l'environnement immédiat »
de la voie dans le cadre de son utilisation en voie verte et ça
pour un aménagement qui sera peut être bouleversé.
Les
services de l'Etat ont choisi, malgré tout, de poursuivre les travaux
comme prévus repoussant la recherche de solutions à 2008.
Un APSM (Avant Projet Sommaire Modificatif) doit être établi
mi 2008. Dans ce cadre, il est en effet essentiel que le Conseil Régional
affiche clairement ses projets par rapport à la ligne Mayenne -
Laval : "La réalisation d’un APSM est l’occasion
de ré étudier l’échangeur du « Petit
Mesnil » et les conditions techniques de franchissement d’une
voie verte au gabarit adapté aux cavaliers, ou d’une voie
ferrée électrifiée ou non. Pour orienter les études
et fixer le coût final de l’opération, il est
donc essentiel de connaître la position des élus régionaux
et départementaux sur la réouverture de la voie ferrée."
affirme la Direction Régionale de l'Equipement.
Cet
APS doit être l'occasion de réfléchir, plus globalement,
à l'adaptation de cette déviation au nouveau contexte environnemental.
La déviation de Mayenne a été conçue dans
les années 1990, quand il n'était question ni de réchauffement
climatique ni même de développement des transports collectifs
et dans un contexte de tout-routier. Elle est de type autoroutier (4 voies
express, échangeurs, viaduc en 4 voies sur l'Aron, ...) pour un
trafic qui restera moyen. Son futur gabarit nous paraît plus que
jamais disproportionné (beaucoup plus important qu'à Laval)
eu égard au service attendu et dans ce contexte nouveau.
Aussi
il y aurait, nous semble-t-il, une parfaite cohèrence, pour la
Région, avec ses orientations politiques en matière de transport
collectif, à demander (voire à en conditionner son aide)
que la tranche sud (2è tranche) soit réalisée en
2 et non 4 voies comme prévu actuellement. Plusieurs intérêts
à cela :
-
diminuer la facture de façon importante et permettre ainsi une
mise en service beaucoup plus rapide, compte tenu de l'urgence extrême
de dévier Moulay.
- permettre
une mise en place plus rapide d'un train Mayenne-Laval et offrant ainsi
une alternative à la voiture à moyen terme pour le Nord-Mayenne
: on peut craindre, en effet, que les crédits transports dévolus
au nord -mayenne soit obérés par une déviation surdimensionnée
pour de nombreuses années, si nous restons dans la configuration
actuellement prévue. N'oublions pas qu'il faudra aussi financer
le barreau-nord ... Donc des arbitrages et des priorités seront
nécessaires !
- le service
rendu aux automobilistes et riverains ne s'en trouverait pas pour autant
diminué, Mayenne et Moulay étant déviées pour
le trafic Nord-Sud.