Élections législatives
: les
candidats répondent à Tracés
et à la FNAUT
La
FNAUT, association d’usagers et de consommateurs, tout comme
l’association Tracés, ont souhaité savoir dans
quel état d’esprit les candidats aux législatives
abordaient le problème des transports collectifs dans la
3ème circonscription. En 2004, nos 2 associations avaient
déjà interrogé les différents candidats
aux élections régionales et cantonales. Des réponses
obtenues, ils ressortait un avis quasi-unanime pour constater ou
regretter :
-
un déséquilibre fort du Nord-Mayenne avec la Région
des Pays de la Loie et même le département de La Mayenne,
- Le Nord Mayenne est « étrangement marginalisé,
… 3 jours pour se rendre à Nantes », «
mal traité » « enclavé
»,
- Il faut « parer au manque de desserte par TER »,
- il « ne doit plus être un désert sur la
plan des transports collectifs »,
- Cette « situation de carence est très défavorable
au développement du territoire ».
Que
ce diagnostic soit partagé par la plupart des acteurs nous
semble un premier pas important. Reste maintenant à trouver
les solutions et les moyens pour réduire cette « fracture
territoriale ». Trois sujets ont été retenus
:
- Politique des transports
- Ligne ferroviaire Mayenne – Laval
- Rapprochement avec la Région, virgule de Sablé
Quatre
candidats ont répondu. Nous publions ci-dessous leurs réponses
dans l’ordre où elle nous sont parvenues.
Dans
la logique de sa contribution au débat de cette campagne
électorale, nos associations se font le relais de ces réponses
en les portant à la connaissance de l’ensemble de leurs
membres, et des citoyens intéressés par ces questions,
notamment via leurs sites respectifs. Elles font aussi l'objet d'une
communication à la presse et, au public par l’intermédiaire
d’un tableau de synthèse placé sur la voie.
Politique
des transports
1
/ Pensez-vous que la situation s’est améliorée
ou détériorée depuis 2004 en matière
de transports collectifs pour notre territoire ? Si vous êtes
élu, que comptez-vous faire immédiatement et à
plus longue échéance, pour le Nord-Mayenne, en ce
qui concerne les transports collectifs ?
Jean pierre Le Scornet, candidat
du Parti Socialiste : Les communications
en particulier ferroviaires visent bien entendu à relier
les territoires les uns aux autres, à les rapprocher des
grands centres urbains et à désenclaver les zones
isolées. Elles relèvent donc pour une grande part
de l’aménagement du territoire en réponse au
besoin de la population, des solidarités territoriales et
du développement économique. Dans la cadre du respect
d’un environnement préservé et de la lutte contre
les gaz à effet de serre et afin de faciliter les déplacements,
il est vital de mettre en place une politique globale dans le domaine
des transports collectifs véritablement compétitive
vis-à-vis de la voiture.
J’observe aussi que le domaine
des transports et des infrastructures est celui où l’Etat
s’est fortement désengagé ces dernières
années.
Il faut permettre des dessertes
en cohérence avec les pôles de vie, donner des réponses
aux conséquences de l’étalement urbain.
Depuis 2004 la situation concrète
n’a pas beaucoup évolué car la demande en matière
de transport collectif est de plus en plus forte (hausse de l’énergie,
mobilité plus forte domicile travail) et que l’offre,
faute d’infrastructures nécessaires, n’a que
peu évolué en dépit des efforts conséquents
du conseil régional pour améliorer la situation (acquisition
de nouvelles motrices, réouvertures de lignes, efforts de
tarification pour des publics défavorisés, subventions
accordées aux projets de transport urbain en site propre….).
Mais concernant les infrastructures, il faut du temps et mobiliser
des moyens suffisants et je regrette que les majorités régionales
précédentes et que l’Etat aient manqué
d’anticipation sur ce sujet. Le problème du désenclavement
de la Mayenne ne date pas de l’arrivée au printemps
2004 de la nouvelle majorité régionale.
Yannick Favennec, candidat de
l'UMP : Le désenclavement du Nord-Mayenne
passe par une amélioration de l’offre de transports
collectifs.
En effet, notre territoire doit
faire face à un déficit de transports collectifs,
notamment dans la ville de Mayenne, qui nuit à son attractivité
(en matière économique, touristique, d’implantations
de nouvelles familles, de maintien de nos anciens dans nos communes
rurales…). De plus, les enjeux environnementaux nécessitent
d’utiliser le plus souvent possible les transports collectifs,
dont le train.
Enfin, la mobilité est un
enjeu social (mobilité des populations défavorisées,
des jeunes, de nos anciens…). C’est une clef pour l’accès
à l’emploi, aux services publics, aux commerces…Tout
le monde ne possède pas une voiture, ou un permis de conduire,
c’est pourquoi un fort réseau de transports collectifs
est indispensable pour éviter une fracture sociale et spatiale
dans le Nord Mayenne, mais aussi dans la ville de Mayenne, où
le réseau n’est pas à la hauteur d’une
sous-préfecture. Il est également indispensable d’étoffer
ce réseau pour répondre à des contraintes financières
: hausse du prix des carburants, notamment.
C’est pourquoi, comme je le
fais depuis cinq ans, je continuerai, au niveau local, de soutenir
et défendre tous les projets locaux qui iront dans ce sens.
Au niveau national, je m’investirai pour la relance d’une
politique volontariste de soutien ciblé en faveur des transports
collectifs dans les territoires ruraux. En effet, il faut que l’Etat
incite et encourage les autorités organisatrices à
développer les réseaux de transports collectifs.
Pierrick
Tranchevent, candidat de l'UDF-Mouvement Démocrate :
La question n° 1 sur la Politique des transports est posée
d’une manière particulière. Elle indique que
le désenclavement du Nord Mayenne passe par une liaison ferroviaire
Laval/Mayenne. Or, la géographie et la structure actuelle
du réseau routier sont différentes de vos propositions.
Ernée, Landivy et tout ce secteur, n’ont nul besoin
de cette liaison ferroviaire qui ne faciliterait, en aucune manière,
son désenclavement.
Pour
autant la question du transport collectif au sein du Nord Mayenne
reste une priorité qui doit se résoudre par :
- la mise en 2 x 2 voies de toute la RN 12, de même que la
route qui relie Mayenne - Laval et les contournements d’Ernée,
la Baconnière, Mayenne et Martigné,
- le développement de mini transport collectif utilisant
des bio carburants et du GPL par exemple,
- poursuivre le développement des SCOT sur les déplacements
dans les bassins de vie afin de rationaliser les installations d’entreprises
et des habitants.
Bénédicte
Pelettier, candidate de la LCR : Il nous semble que la prise
de conscience de la population concernant ces sujets progresse mais
que dans les faits rien n’est mis en place de la part des
pouvoirs publics pour développer un réel service public
des transports. Le développement ferroviaire nous semble
répondre à cette exigence de proximité des
transports ainsi qu’à l’idée de sortir
du « tout voiture » et des conséquences connues
pour l’environnement qui lui sont lié.
Jean-Claude Maignan, candidat des Verts
: Seule une forte
volonté politique permettra d augmenter la part des transports
en commun dans les modes de déplacement. Les Verts proposent
depuis longtemps pour des raisons environnementales et énergétiques
d en finir avec le tout voiture. Nous faisons les propositions suivantes
:
- priorité absolue au transport collectif en ville et soutien
au transport partagé en milieu rural.
- création d un fonds national d aide à l innovation
en matière de mobilité (covoiturage auto-partage,
location de vélos )
- financement de la rénovation et du développement
du transport par rail (trains régionaux, frets, TGV) grâce
au produit de la
taxe carbone sur les camions.
- Abandon des projets autoroutiers et ré affectation de leur
budget pour les transports en commun.
Ces décisions d ordre national auront bien entendu une influence
importante sur le Nord Mayenne. Cela permettra notamment une politique
dynamique du développement des transports en commun, par
exemple à l intérieur de la ville de Mayenne et en
milieu rural.
Ligne
ferroviaire Mayenne – Laval ?
2/
Si vous êtes favorable à cette réouverture,
que comptez-vous entreprendre pendant votre mandat pour favoriser
l’aboutissement de ce projet, notamment en fédérant
les différents acteurs, action absolument déterminante
?
Jean
pierre Le Scornet, candidat du Parti Socialiste : Je suis bien
entendu favorable au projet de réouverture de la ligne Laval
Mayenne. Ce qui était considérée il y a quelques
années comme une idée farfelue trouve aujourd’hui
un tout autre écho, comme vient de le démontrer l’étude
commanditée par la Région sur son potentiel commercial.
Il est donc nécessaire de poursuivre activement les études
de faisabilité sur ce projet et d’être actif
sur la mobilisation de toutes les énergies pour la concrétiser.
La région va intégrer ces études dans la cadre
de son prochain schéma régional de développement
des transports collectifs. Cela constitue une belle avancée,
ce dont je me réjouis. Il faut être certain que l’Etat
soit aussi de la partie, car sur un tel projet il faut que la solidarité
nationale s’opère car il s’agit bien d’une
perspective forte en matière d’aménagement du
territoire.
Yannick Favennec, candidat de
l'UMP : Lorsque vous m’avez fait
part, il y a cinq ans de votre idée de rétablir un
train entre Mayenne et Laval, j’ai été immédiatement
séduit. D’emblée, je me suis engagé à
vos côtés pour faire de la réouverture de la
ligne ferroviaire Mayenne/Laval, une réalité.
Je suis intervenu à plusieurs
reprises au conseil régional des Pays-de-la-Loire pour demander
à la Région de s’engager fermement et concrètement
en faveur de cette réouverture…. Après avoir
rappelé que la ville de Mayenne est la seule sous-préfecture
des Pays-de-la-Loire, avec Mamers, à ne pas être desservie
par les TER, j’ai indiqué qu’il serait regrettable
de ne pas poursuivre l’action de régionalisation des
transports, déjà engagée, en laissant le Mayenne,
et plus particulièrement le nord du département, au
bord de la voie.
Parallèlement à mes
démarches auprès du conseil régional, lors
de la discussion du budget des Transports à l’Assemblée
nationale, en novembre 2005, j’ai interpellé le ministre
de l’époque, Dominique PERBEN, sur ce projet de réouverture
de cette ligne Mayenne/Laval. Celui-ci a accepté d’étudier
avec attention ce dossier, et d’entendre nos arguments. ….
Dès le mois de février 2006, Dominique PERBEN me confirmait
qu’il laissait la porte ouverte car écrivait-il, «
il me paraît indispensable que toutes les opportunités
de développement des dessertes ferroviaires soient explorées
en ce qui concerne les liaisons de Mayenne vers Laval, et au-delà,
vers Rennes et l’accès au réseau TGV. »
Désireux d’avancer
dans ce projet de réouverture de la ligne ferroviaire Mayenne/Laval,
j’ai quelques semaines plus tard rencontré Michel BOYON,
président de Réseau Ferré de France (RFF),
et en avril 2006, celui-ci m’indiquait, dans un courrier,
son désir de participer « aux réflexions (…)
pour évaluer le potentiel qui pourrait justifier, à
terme, une réutilisation de l’ancienne ligne ferroviaire
La Chapelle-Anthenaise/Ambrières pour un transport collectif
entre Laval et Mayenne ». Parallèlement, le président
de RFF proposait à la Région que cette ancienne ligne
« soit prise en compte » dans le cadre de la réflexion
qu’elle allait prochainement engager sur l’ensemble
des lignes ferroviaires non utilisées. « L’objectif,
soulignait Michel BOYON, est de réfléchir avec l’autorité
organisatrice du transport régional aux perspectives à
moyen et long terme pour ces lignes ».
Aujourd’hui
la balle est dans le camp de la Région des Pays-de-la-Loire,
dont, je le rappelle, la réouverture de la ligne ferroviaire
Mayenne/Laval était un engagement électoral. Malheureusement,
elle semble peu empressée à aller dans notre sens.
En
ce qui me concerne, comme je l’ai fait au cours de mon précédent
mandat, je suis déterminé à continuer d’agir
avec l’ensemble des acteurs de terrain pour favoriser l’aboutissement
de ce projet. Je continuerai d’être le député
du rassemblement sur ce sujet et sur tous les dossiers structurants
pour notre territoire. Vous savez que vous pouvez compter sur moi
!
Jean-Claude
Maignan, candidat des Verts
: De plus les Verts se prononcent avec une forte détermination
pour la réouverture de la ligne Mayenne Laval. Cela se fera
bien entendu en fédérant les différents acteurs
de terrain et en mettant en place une modification de l échangeur
du Mesnil.
3/
Etes-vous favorable d’exiger de la part de l’Etat une
modification de cet échangeur permettant de solutionner ce
point d'achoppement entre les deux voies ? Si oui, comment comptez-vous
faire aboutir rapidement cette demande, étant donné
son caractère très urgent ?
Jean
pierre Le Scornet, candidat du Parti Socialiste
: Sur l’implantation du futur échangeur : rien ne doit
empêcher le retour d’un mode de transport collectif.
Un principe de précaution doit donc s’imposer. Les
techniciens et ingénieurs dont c’est le métier
doivent trouver les parades techniques pour que des solutions soient
proposées aux élus.
Yannick Favennec, candidat de l'UMP
: Le désenclavement du Nord-Mayenne est un enjeu crucial
pour son attractivité et son développement économique.
Comme chacun le sait, la déviation de Mayenne est une étape
importante dans ce désenclavement. Attendue depuis près
d’un demi-siècle, elle est aujourd’hui en train
de voir le jour, et nous ne pouvons que nous en réjouir !
Malheureusement,
il s’avère que l’implantation de l’échangeur
de la future déviation peut hypothéquer définitivement
toute perspective de remise en service de la voie ferrée
Mayenne/Laval.
C’est
pourquoi, je suis favorable à une concertation urgente afin
d’étudier les différentes pistes qui nous permettraient
de préserver la possibilité de réhabilitation
de cette voie, tout en ne nuisant pas à la réalisation
indispensable de la déviation de Mayenne. Mais parallèlement,
il faut que nous ayons des garanties de la part de la Région
des Pays-de-la-Loire quant à la réouverture de cette
ligne.
Pierrick
Tranchevent, candidat de l'UDF-Mouvement Démocrate :
Je suis réservé (circonspect) quant à la réouverture
de la ligne ferroviaire Mayenne/Laval.
En ce qui concerne le rapprochement avec la région et la
virgule de Sablé, j ’étais favorable à
l’installation d’une nouvelle Gare TGV à Louverné
capable de rapprocher le Nord Mayenne du TGV. La virgule de Sablé
me paraît être intéressante aux vues de vos affirmations,
sous réserve de la cohérence des autres liaisons.
La liaison Laval Angers est un excellent projet.
Bénédicte Pelettier, candidate de la LCR :
Oui nous y sommes
favorables. La mobilisation des associations et des usagers doit
permettre de faire pression sur les pouvoirs publics.
Jean-Claude
Maignan, candidat des Verts
: Les Verts se prononcent avec une forte détermination pour
la réouverture de la ligne Mayenne Laval. Cela se fera bien
entendu en fédérant les différents acteurs
de terrain et en mettant en place une modification de l échangeur
du Mesnil.
Rapprochement
avec la Région, virgule de Sablé
4 / Qu’en pensez-vous ?
Jean
pierre Le Scornet, candidat du Parti Socialiste
: L’intérêt de l’axe rapide en Laval et
Angers puis Nantes pour boucler ensuite avec Rennes n’est
pas a démontré, il est évident. Cela sera possible
grâce à la Virgule de Sablé. J’indique
qu’à l’initiative de la Région ce projet
figure explicitement dans le Contrat de projet Etat Région.
C’est une avancée forte qui marque une volonté
politique de faire aboutir ce dossier. Il faudra surpasser des difficultés
techniques, mobiliser là encore les énergies, fédérer
largement autour ce cette « Virgule », mais ce projet
est en bonne voie.
Yannick
Favennec, candidat de l'UMP
: La Mayenne est loin de Nantes en kilomètres, mais aussi
en temps, si bien que dans le Nord-Mayenne le sentiment d’appartenance
à la région des Pays-de-la-Loire est très faible.
C’est pourquoi, je me bats pour que nous puissions nous rapprocher
de notre capitale régionale. Avec la future ligne TGV Ouest
nous avons une formidable opportunité d’y parvenir,
en créant la Virgule de Sablé. Il me paraît
essentiel pour notre territoire, pour son attractivité et
son développement économique au sein de la région
des Pays-de-la-Loire de créer une interconnexion entre la
liaison Paris/Rennes et la liaison Paris/Nantes, et ainsi raccorder
notre département à la ville de Nantes, via Angers.
Même
si ce raccordement n’est pas envisagé dans l’Avant
projet sommaire (APS), nous avons des moyens d’action, notamment
par le biais de la Région des Pays-de-la-Loire qui doit affirmer
clairement sa volonté de voir réalisé cet aménagement
mineur (moins de 2 km). En ce qui me concerne je pèserai
de tout mon poids de député pour que la virgule de
Sablé puisse être prise en compte dans le fuseau de
la future ligne TGV Ouest.
Bénédicte
Pelettier, candidate de la LCR : Il est plus que nécessaire
de désenclaver la Mayenne du reste de la région et
pour ce, de mettre en place des transports communs accessibles à
tous. La « virgule » de Sablé que vous proposez
nous semble être la meilleur solution envisagée pour
ce faire.
Jean-Claude
Maignan, candidat des Verts
: D'autre part nous avons pris une position très précise
sur la création de la virgule de Sablé qui permettrait
en ajoutant ces deux infrastructures de relier Mayenne à
Nantes par voie ferroviaire rapide. Ce qui serait un facteur de
développement du Nord- Mayenne et augmenterait les possibilités
de retour des jeunes Mayennais. Alors que le réchauffement
climatique devient une menace importante, et que les énergies
fossiles vont diminuer au cours du 21ème siècle, une
modification culturelle au profit des transports collectifs doit
se faire. Elle nécessitera de la part des élus un
courage politique important, soyez assurés de ma profonde
détermination dans ce sens.
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