Ligne SNCF Mayenne - Laval : intervention de Yannick Favennec à
l'Assemblée nationale.
Le
3 novembre 2005, à l'occasion de l'examen des crédits
relatifs aux transports dans le cadre de la discussion sur la loi
de finances pour 2006, Yannick Favennec, député et
conseiller régional, a demandé au Ministre des transports,
de l'équipement, du tourisme et de la mer de ne pas fermer
administrativement la section de chemin de fer Mayenne - Laval.
Intervention
de Yannick Favennec :
LOI
DE FINANCES POUR 2006 - DEUXIÈME PARTIE
Suite de la discussion d'un projet de loi
M. le président. L'ordre du jour appelle la suite de la discussion
de la deuxième partie du projet de loi de finances pour 2006
(nos 2540, 2568).
TRANSPORTS
M.
le président.
Nous abordons l'examen des crédits relatifs aux transports.
M.
le président.
La parole est à M. Yannick Favennec.
M.
Yannick Favennec.
Monsieur le ministre, un véritable débat agite
actuellement le département de la Mayenne. Il concerne directement
un grand nombre de mes concitoyens habitant le nord du département,
lequel souffre d'un déficit en transports collectifs. Or,
chacun connaît ici l'importance de ces derniers dans le développement
économique du monde rural.
Il
s'agit du devenir de l'ancienne voie ferrée Mayenne-Laval,
qui fait actuellement l'objet d'une nouvelle procédure de
fermeture de la part du propriétaire des voies, Réseau
ferré de France. L'attractivité du nord de la Mayenne,
où résident 100 000 habitants, et la présence
d'une sous-préfecture - Mayenne -, la seule de la région
des Pays-de-la-Loire à ne pas être desservie par une
ligne TER, militent pour une réhabilitation de la voie de
chemin de fer entre Mayenne et Laval.
La
desserte du Nord-Mayenne par le réseau ferré est un
enjeu régional d'aménagement du territoire : la réhabilitation
de cette ligne constituerait en effet un élément clef
du désenclavement de ce secteur et du maillage par les transports
publics de l'ensemble du territoire mayennais.
Actuellement
RFF termine la consultation des collectivités territoriales
traversées par la ligne de la SNCF, ainsi que celle des associations
d'usagers. Une fois cette consultation achevée, RFF vous
proposera la fermeture de la voie ferrée et vous disposerez
alors d'un délai de trois mois pour vous y opposer.
J'appelle
votre attention, monsieur le ministre, sur le fait que RFF fait
actuellement pression pour obtenir la fermeture de la ligne en toute
illégalité, car elle ne pourra la prononcer qu'à
l'issue de la concertation et avec votre accord. Les tribunaux administratifs
et le Conseil d'État ont en effet condamné RFF pour
non-respect des règles de consultation et pour vice de procédure.
En revenant en novembre dernier sur sa décision de fermeture
de la ligne Laval-Mayenne, RFF a supprimé la décision
administrative constituant la base juridique du retranchement. Même
si, formellement, un décret est paru, il est devenu de fait
illégal. Je vous avais d'ailleurs demandé son abrogation
par une question écrite posée en juillet dernier.
Compte
tenu de ces informations, monsieur le ministre, je souhaiterais
connaître votre position sur ce dossier, tout en vous rappelant
qu'il existe un large consensus des élus du département
contre la fermeture définitive de cette ligne.
M. le président.
La parole est à M. le ministre.
M.
le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme
et de la mer.
Monsieur le député, vous comprendrez que je ne
puisse vous donner aujourd'hui la décision que je prendrai
une fois que j'aurai reçu le rapport de RFF et les avis des
collectivités territoriales. C'est seulement après
avoir examiné l'ensemble des données que je pourrai
vous répondre. Néanmoins, l'existence d'un large consensus
des élus du département constitue un élément
important d'appréciation que je prendrai naturellement en
compte lorsque j'étudierai le dossier avec la direction de
la mer et des transports.
Je tiens néanmoins à vous rassurer en ce qui concerne
le processus : c'est l'État qui décide de la fermeture
éventuelle d'une ligne, ce n'est pas RFF. Les choses sont
claires ! Ma décision prendra naturellement en compte les
impératifs d'aménagement du territoire. Une décision
de fermeture paraît souvent irréversible. C'est pourquoi
je comprends votre inquiétude, d'autant plus que l'on est
en droit de se poser la question de savoir si une voie ferrée,
faiblement empruntée, est destinée à le demeurer.
Telle est, je le répète, la question que nous devons
nous poser en tant que décideurs politiques.
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